Cet essai conjoint deux disciplines: l´anthropologie des rites et l´histoire
des litteratures folkloriques. Le terrain sur lequel il s´appuie a permis
d´ouvrir des pistes loin des theories dominantes. Fini le prejuge
anthropologique qui, sous pretexte de l´interet partout aux guerriers, ne veut
croire a des initiations feminines ayant ses propres tabous et rites
d´imprecations contre les hommes (cf. Marvin Harris, Cannibals and Kings,
1977). Un autre prejuge, lui litteraire, veut que les contes de fees soient un
terme impropre herite des Classiques mais sans realite folklorique. Les recits
populaires, a l´en croire, tourneraient plus autour des quetes ou un heros est
confronte a l´invisible qu´autour de lutines entites (cf. J.R.R. Tolkien, On
Fairy-stories, 1947). L´auteur ethnologue et sa femme photographe, admis en
Inde et en Iran dans les oratoires prives de femmes zoroastriennes, montrent
que les contes qu´elles y recitent invoquent efficacement les Fees (Peeters
2002)

