Il s´agit du temoin le plus ancien d´un cours portant sur les livres II et III
au complet du Traite de l´ame d´Aristote. Le cours, enseigne a la Faculte des
Arts d´une Universite difficile a preciser (Paris?), est un exemple
paradigmatique de la methode litterale (ce qui a permis de reconstituer la
version de la Vetus utilisee par le maitre, que l´on pourra ajouter au dossier
de l´Aristoteles Latinus) et un temoin precieux de la premiere reception
d´Aristote. Le texte permet de constater le retrait d´Avicenne et l´influence
croissante d´Averroes (dont le role est cependant purement instrumental,
subordonne a l´intelligence purement philosophique du texte d´Aristote). Aucune
des grandes doctrines personnelles du commentateur n´est retenue par le maitre.
Dans l´etude doctrinale du texte on met en valeur les points du commentaire
(nature et puissances de l´ame, l´intellect et les modes de connaissance), et
on offre un tableau des doctrines psychologiques professees par les maitres des
arts avant 1250: John Blund, Pierre d´Espagne et d´autres maitres anonymes
(tableau complete par un apparat de sources tres riche). Averroisme, car la
notion de l´intellect agent comme puissance de l´ame semble etre une
contribution proprement latine a l´exegese du De anima. commentaire anonyme et
qu´il en depend dans sa propre lecture d´Aristote. Cela met en perspective
l´originalite de saint Thomas et souligne la contribution des maitres des arts
a l´histoire de l´Aristotelisme medieval (Peeters 1998)

